Yaqing Su, Shen Wai International School, Guangdong (Chine). Elle étudie actuellement à l’Université de l’Arizona, aux États-Unis.
La naissance de mon intérêt pour l’astrophysique
Quand j’étais plus jeune, je regardais beaucoup de documentaires sur les animaux, l’espace et l’évolution de l’humanité au fil du temps. J’ai toujours aimé l’histoire, et l’astronomie m’apparaissait comme un moyen d’étudier le passé en temps réel.
L’astrophysique a réuni tout ce qui m’intéressait. Elle permet d’expliquer des phénomènes qui se sont produits il y a des milliards d’années et nous aide à appréhender des réalités bien plus vastes que nous. Plus j’en apprenais, plus je me rendais compte que je ne m’en lassais jamais. C’est à ce moment-là que j’ai compris que c’était une voie que je voulais suivre.
La découverte de ma vocation pendant le Programme du diplôme
Comme beaucoup d’élèves, j’ai passé énormément de temps à étudier des choses dont je ne me servirai peut-être jamais. Ce n’était cependant pas le cas de mon travail d’évaluation interne en physique.
Pour la première fois, j’ai pu travailler sur un projet qui correspondait vraiment à mes centres d’intérêt. J’ai construit la maquette d’une à l’aide de matériaux simples comme des petits moteurs, du fil de pêche et de la pâte à modeler. Le résultat n’était pas parfait, mais l’expérience était à la fois stimulante et très personnelle. Cela m’a montré que l’apprentissage pouvait être créatif et porteur de sens.

Mon travail d’évaluation interne en physique : modélisation d’une exoplanète en transit
Dans le cadre de mon travail d’évaluation interne, j’ai étudié comment la taille d’une sphère influe sur l’intensité de la lumière lorsqu’elle passe devant une source lumineuse. En termes simples, j’ai modélisé la manière dont une exoplanète bloque la lumière d’une étoile, ce qui produit différentes courbes de lumière.
J’ai monté tout le dispositif moi-même avec des matériaux que j’avais sous la main. Je souhaitais relier mon intérêt pour l’astronomie à ce que j’apprenais en cours de physique, et ce projet m’a permis d’y parvenir. J’ai pu ainsi comprendre non seulement la théorie, mais aussi comment ces concepts s’appliquent de manière concrète.

Une voie à laquelle je ne m’attendais pas
À l’époque, je ne m’attendais pas à travailler à nouveau sur les exoplanètes. Je savais juste que je voulais étudier l’astronomie à l’université.
C’est alors qu’un événement inattendu s’est produit. En troisième année d’études, j’ai mal rempli un formulaire d’intérêt et je me suis retrouvée dans un groupe de recherche chargé d’observer une planète en transit. Ce moment a tout changé et m’a donné l’occasion de mettre en pratique ce que j’avais appris.
La manière dont le Programme du diplôme a influencé ma façon d’apprendre
Contre toute attente, le passage de l’IB à l’université aux États-Unis s’est déroulé de manière fluide. J’avais déjà de solides compétences de rédaction et je savais bien gérer mon temps.
L’IB m’a surtout appris à tirer parti de mes ressources et à garder l’esprit ouvert. Même si les outils comme l’IA n’étaient pas encore très répandus à l’époque où j’étais à l’école, j’ai développé une approche flexible de l’apprentissage. Cette capacité d’adaptation m’a permis de progresser rapidement à l’université.
Apprendre à poser des questions
L’une des compétences les plus importantes que j’ai acquises grâce au programme de l’IB est l’esprit de recherche, même si je ne le comprenais pas pleinement à l’époque.
Avec le recul, je me rends compte que la capacité à savoir poser des questions et à s’approprier son travail a fait toute la différence. À l’université, j’ai pu constater que les élèves qui apportent leurs propres idées sont plus susceptibles de se diriger vers la recherche. C’est à l’IB que j’ai commencé à avoir cette manière de penser.
Les personnes qui m’ont soutenue
Tout au long de mon parcours au sein de l’IB, des enseignantes et des enseignants m’ont profondément marquée par leur capacité à créer un espace où je me suis sentie soutenue et encouragée à explorer mes centres d’intérêt.
Une enseignante m’a aidée à comprendre qu’il n’y a pas qu’une seule voie dans l’astronomie, et que la réussite ne passe pas uniquement par des organisations réputées comme la NASA. Un autre enseignant m’a même autorisée à utiliser la salle de théâtre pour mener mon expérience d’évaluation interne.
Tous ces moments m’ont donné le sentiment d’être soutenue et non bridée, et cela a beaucoup renforcé ma confiance en moi.
Les prochaines étapes
Après l’IB, j’ai choisi de poursuivre mes études à l’. C’était une décision importante, surtout compte tenu des différences culturelles, mais grâce au soutien du personnel chargé de l’orientation, j’ai estimé que c’était le meilleur moyen de donner libre cours à ma passion.
Je me suis alors mise à rechercher de manière active des occasions de mener des travaux de recherche et j’ai participé à des projets menés par des membres du corps professoral et des organisations.
L’observation des exoplanètes en conditions réelles
Récemment, j’ai eu l’occasion de participer à un projet d’observation d’une exoplanète en transit à l’observatoire du mont Lemmon.
Pour ce faire, il a fallu prendre des centaines de clichés d’un champ d’étoiles et analyser la luminosité de l’étoile ciblée au fil du temps. De cette manière, nous pouvions détecter la présence d’une exoplanète en observant les variations de sa lumière.
J’ai adoré passer de la théorie et des modèles à des observations concrètes.

Le lien entre ce que j’ai appris dans le cadre du Programme du diplôme et mon travail actuel
Avec le recul, je me rends compte que mon travail d’évaluation interne en physique est étroitement lié à mon travail actuel. L’étude des courbes de lumière reste un élément central de l’observation des exoplanètes.
Les compétences que j’ai acquises, notamment en matière de rédaction de rapports scientifiques et de présentation claire des données, m’ont également été très utiles. Même si le niveau est différent aujourd’hui, les bases que j’ai acquises pendant mon parcours à l’IB m’ont été incroyablement utiles.
Un message à l’attention des élèves de l’IB
Ce n’est pas grave si vous ne savez pas encore exactement ce que vous voulez faire plus tard. Il n’y a pas besoin d’avoir déjà tout décidé à l’école.
Essayez différentes matières, renforcez vos bases et donnez-vous le temps d’explorer. Et n’oubliez pas qu’une journée difficile ne signifie pas forcément une perte d’intérêt. Parfois, vous êtes juste en train d’apprendre quelque chose de nouveau.
Un regard vers le passé et vers l’avenir
C’est impressionnant de voir à quel point les choses peuvent évoluer en seulement quelques années. Je ne m’attendais pas à ce qu’une simple expérience réalisée en classe puisse devenir un véritable travail scientifique.
La progression se fait par petits pas, portée par la curiosité et l’envie de prendre des risques. Et ça me donne la motivation de continuer.
Principaux points à retenir
- Vos centres d’intérêt n’ont pas besoin d’être clairement définis dès le départ : l’exploration fait partie du processus.
- C’est en faisant le lien entre ses études et ce qui nous tient à cœur que l’on apprend vraiment.
- Poser des questions et faire preuve d’initiative peut mener à des pistes inattendues.
- La bienveillance des membres du corps enseignant et des environnements peut faire toute la différence.
- Avec du temps et de la persévérance, de petits projets scolaires peuvent devenir de véritables expériences concrètes.
