Une enseignante arménienne revient sur les étapes décisives de son parcours à l’IB

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En 1989, le Anania Shirakatsi Armenian National Lycee, à Yerevan, en Arménie, a ajouté un nouvel objectif à sa constitution : devenir une école du monde de l’IB et pouvoir ainsi progresser et exceller.

Malheureusement, les années qui ont suivi cette décision ont été jonchées de difficultés : le pays a été dévasté par un tremblement de terre et a dû faire face à des troubles politiques et à des conflits avec les pays voisins qui ont eu de terribles répercussions sur le plan économique. L’établissement a fonctionné sans chauffage et sans électricité pendant plusieurs années tout en fournissant de l’aide et un abri aux réfugiés. En 2007, l’équipe pédagogique a finalement pu se concentrer de nouveau sur l’objectif qu’elle s’était fixé dans sa constitution et a reçu l’autorisation d’offrir le Programme primaire de l’IB en 2013, puis le Programme du diplôme en 2014. Elle travaille maintenant à l’obtention de l’autorisation d’offrir le Programme d’éducation intermédiaire.

Tatevik Nalbandyan, responsable en chef du département extrascolaire de l’établissement, nous parle de son expérience d’enseignement. 

Q : Expliquez-nous les principales difficultés et étapes décisives que vous avez connues en tant qu’enseignante de l’IB.

Lorsque j’ai rejoint l’établissement en 2009, j’ai complètement été impliquée dans le processus d’autorisation d’offrir les programmes de l’IB. Outre la situation économique de mon pays, j’ai dû faire face aux difficultés et aux étapes décisives suivantes.

  • La langue : les compétences en anglais de notre personnel étant limitées, nous avons dû traduire de nombreux documents. Aujourd’hui, l’établissement est membre de l’association des écoles du monde de l’IB des États indépendants du Commonwealth et a désormais accès aux documents en russe.
  • La formation et l’éducation des enseignants : nous avons travaillé dur pour familiarise les enseignants avec la philosophie de l’IB et ses normes, en insistant sur l’approche centrée sur les élèves dans l’enseignement. Nous avons dû :
    • traiter la différenciation en classe ;
    • aborder de nouvelles perspectives quant au cycle planification-enseignement-évaluation ;
    • prendre en considération la réflexion comme faisant partie de l’enseignement et de l’apprentissage.
  • Introduire l’IB au sein de la communauté scolaire : nous avons dû déployer de nombreux efforts pour impliquer les enseignants et les parents dans la mise en œuvre des programmes. Cependant, le fait de les avoir fait participer dès le début du processus a contribué à la réussite globale de la mise en œuvre des programmes.

Q : Comment utilisez-vous les ressources de la communauté environnante dans votre enseignement ?

Nous invitons des professionnels d’autres institutions à intervenir dans notre établissement

pour renforcer et élargir l’apprentissage des élèves. Nous avons également recours à des activités et à des environnements inédits et passionnants. Par exemple, nous avons donné le premier cours de théorie de la connaissance (TdC) dans un observatoire afin de montrer aux élèves que les choses

peuvent paraître différentes selon la distance à laquelle elles se situent. Comment peuvent-ils relier cette constatation au savoir ? Doivent-ils uniquement s’intéresser aux faits qui sont plus proches et donc plus faciles à saisir ou approfondir et découvrir l’origine de ces phénomènes ? Doivent-ils utiliser une approche de microscope pendant leur expérience d’apprentissage ? Quelle forme prendrait ce microscope dans différentes situations ?

Q : En quoi le programme d’études de l’IB influence-t-il les échanges entre les élèves et la communauté plus large qui les entoure ?

En ayant la possibilité de partager et d’apprendre grâce au réseau, les élèves, comme les enseignants et les membres de la direction, développent une compréhension approfondie des aspects culturels locaux et sont davantage sensibles aux questions mondiales. Les élèves développent une plus grande conscience des autres et des questions mondiales. En outre, l’enseignement d’un programme d’études qui est autant axé sur l’apprentissage et la compréhension conceptuels mène au développement de compétences de pensée d’un niveau supérieur.

Q : Quelles sont vos ambitions futures concernant l’enseignement du programme d’études de l’IB ?

Toutes mes ambitions sont tournées vers l’apprentissage des élèves. Mon objectif est de les aider à atteindre leur potentiel le plus élevé. Pour cela, je dois faire appel à ma créativité, mes connaissances et mes compétences. Au vu des rapides changements que nous observons au niveau mondial depuis le début du XXIe siècle, nous, les enseignants, ne devrions pas nous limiter à suivre les tendances mais toujours essayer de garder une longueur d’avance.