Comment l’IB transforme ma conception de l’apprentissage

Publié:

Dernière mise à jour:

Rodree Carlile, titulaire d’un diplôme universitaire de deuxième cycle en éducation, chef d’établissement de Highlands Middle School (un établissement candidat au PEI) et de Highlands Elementary (actuellement en phase de candidature au PP) à Porter (Texas), aux États-Unis.

Highlands Elementary mobile.png

Lorsque j’ai découvert l’IB pour la première fois, ce qui m’a marqué, c’est que ce n’était pas seulement un programme ; c’était une façon d’envisager l’apprentissage qui donnait enfin une structure aux convictions que j’avais depuis longtemps.

J’ai toujours pensé que l’apprentissage devait être pertinent, cohérent et utile. Mais dans de nombreux systèmes traditionnels, il peut être difficile de mettre cette conviction en pratique de manière systématique. L’IB me donne précisément le vocabulaire commun et le cadre clair pour y parvenir. Il met en avant la curiosité, la profondeur et la motivation, et s’intéresse non seulement à ce que les élèves produisent, mais aussi à leur façon de penser.

Cette évolution modifie ma façon d’aborder mon travail en tant qu’enseignant et en tant que responsable éducatif.

Highlands Elementary School 3.jpg

Une transition de l’enseignement vers la conception de l’apprentissage

Avant que notre établissement ne devienne candidat au PEI et au PP, une grande partie de ma préparation s’articulait autour de plans de progression et de calendriers d’évaluation. L’accent était souvent mis sur l’étude du programme et la préparation des élèves aux examens. Même si cette démarche partait d’une bonne intention, elle ne débouchait pas toujours sur un apprentissage approfondi ou durable.

L’IB et le parcours de candidature m’aident à revoir ma conception.

Aujourd’hui, je me concentre beaucoup plus sur la conception de l’apprentissage. Je réfléchis minutieusement à l’importance de l’apprentissage, aux liens qui existent entre les idées d’une matière à l’autre et à la manière dont les élèves acquièrent progressivement leur compréhension. L’école ne consiste plus tant à accomplir des tâches qu’à créer une expérience d’apprentissage cohérente, axée sur un but, sur la réflexion et sur la mise en pratique dans la vie réelle.

Une évolution de nos valeurs

L’une des principales différences que j’ai constatées avec l’IB, c’est son caractère intentionnel.

Il ne privilégie ni le volume du contenu ni la conformité. Au contraire, il incite tant les élèves que les spécialistes de l’éducation à approfondir leurs réflexions. L’IB demande aux élèves de remettre en question, d’expliquer et de mettre en pratique leurs connaissances, au lieu de se contenter de restituer des informations. Et en tant que spécialistes de l’éducation, nous devons réfléchir tout autant à la manière dont nous enseignons qu’aux raisons pour lesquelles nous le faisons.

Pour moi, l’un des moments les plus marquants a été ma formation de chef d’établissement de l’IB. J’ai pris conscience de l’importance d’une cohérence étroite entre la direction, l’enseignement et la culture scolaire pour permettre un apprentissage constructif. La recherche, la compréhension conceptuelle et l’appropriation par les élèves ne sont pas des éléments facultatifs : elles sont indispensables.

Place à la curiosité

Quel que soit l’âge des élèves, j’ai constaté à quel point la curiosité peut s’estomper au fil du temps dans les systèmes traditionnels, souvent en raison de pressions et d’une organisation qui privilégie l’achèvement des tâches au détriment de l’exploration.

L’IB contribue à briser cette structure.

Dans notre établissement, nous avons mis en place des dispositifs comme un mur des questions, où les élèves peuvent noter leurs questions, leurs idées et leurs réflexions inachevées. Ce ne sont pas de simples affichages : ces murs montrent que la curiosité est importante et que l’apprentissage ne s’arrête pas une fois la tâche accomplie.

Il en résulte que la motivation des élèves dure plus longtemps et que leurs questions sont plus pertinentes. Les élèves commencent également à participer activement à leur propre apprentissage.

Highlands Elementary School 7.jpg

En faveur d’une évolution significative dans l’enseignement

L’IB a également changé ma façon de soutenir les spécialistes de l’éducation.

Autrefois, j’ai pu éventuellement considérer la notion de responsabilité sous l’angle du rythme ou des résultats. Aujourd’hui, je vois les choses différemment. Une véritable responsabilité se construit grâce à l’accompagnement, au retour d’information, à la confiance et à la sécurité psychologique.

Le changement ne s’opère pas du jour au lendemain. Il nécessite de la réflexion et de la collaboration. En tant que responsables pédagogiques, nous devons aller à la rencontre du personnel enseignant là où il en est et construire progressivement une vision commune.

Cela a été l’un des aspects les plus enrichissants de ce parcours : évoluer aux côtés de mes collègues et apprendre à diriger avec davantage d’ouverture d’esprit et d’humilité.

À la découverte de ce dont les élèves sont capables

Le résultat le plus marquant a sans doute été de voir les élèves s’épanouir.

J’ai vu de jeunes enfants s’impliquer activement au sein de leur communauté, et des élèves d’un âge plus avancé relever des défis concrets avec assurance et détermination. Les familles nous disent souvent que leurs enfants sont capables d’expliquer clairement le contenu de leur apprentissage et pourquoi c’est important, ce qui renforce le lien entre l’école et la maison.

Cette clarté est essentielle. Elle montre que l’apprentissage ne se fait pas de lui-même ; il est compris.

Pourquoi ce travail me tient personnellement à cœur

Ce travail revêt pour moi une dimension profondément personnelle. J’ai grandi dans cette communauté. J’ai choisi d’y revenir pour y travailler. Mes enfants vont à l’école ici. Je crois profondément en ce que l’éducation peut offrir à chaque élève et à chaque famille.

Trop souvent, les systèmes confondent ce qui est autorisé avec ce qui est efficace. Nous nous contentons de certaines pratiques parce qu’elles répondent à des exigences, et non parce qu’elles ont un véritable impact.

L’IB remet en question cette façon de penser. Il nous invite à agir de manière intentionnelle. Il nous demande de comprendre véritablement nos élèves, nos objectifs et notre responsabilité en tant que spécialistes de l’éducation. Et il nous pousse à relever nos attentes, non seulement en matière de résultats, mais aussi en ce qui concerne la qualité de l’apprentissage lui-même.

Pour la suite, mon objectif est simple : continuer à mettre en place un système au sein duquel l’ensemble des élèves bénéficient d’un apprentissage enrichissant, stimulant et en lien avec leur avenir.

Highlands Elementary School 1.jpg

Enseignements tirés de notre parcours de candidature en cours

  • L’apprentissage doit être pertinent et cohérent. L’IB permet de dépasser le cloisonnement des enseignements pour proposer une expérience d’apprentissage plus cohérente et mieux structurée.
  • L’approfondissement est plus important que le volume du contenu. L’important n’est pas la quantité de contenu abordé, mais la manière dont les élèves le comprennent et le mettent en pratique.
  • Il faut protéger la curiosité. Les questions ouvertes et la réflexion permettent d’entretenir la curiosité à tout âge.
  • Le véritable changement commence par les spécialistes de l’éducation. Il est essentiel d’accompagner le personnel enseignant dans un climat de confiance et de réflexion pour inscrire les améliorations dans la durée.
  • Des attentes élevées peuvent influencer les résultats. Un apprentissage ciblé et de grande qualité permet aux élèves d’aller au-delà de nos attentes.