L’éducation pour tous
Armés d’outils technologiques et de leur passion pour l’enseignement, ces professionnels de l’éducation sont à l’avant-garde des efforts de l’IB visant à élargir l’accès à nos programmes d’éducation dans des communautés très diverses. Ils nous expliquent ici comment – et pourquoi – ils le font.

Des pionnières dans le Golfe
Marwa Bkerat et Omneya Khamis
Coordonnatrice du Programme du diplôme et coordonnatrice du PPCS, Jeddah Knowledge International School, Djedda, Arabie saoudite
L’IB a mis relativement longtemps à s’implanter au Moyen-Orient : les établissements scolaires autorisés à dispenser le continuum complet sont encore peu nombreux dans la région du Golfe. La Jeddah Knowledge International School (JKS) est l’un d’entre eux : elle propose les trois programmes de l’IB et est autorisée par le ministère saoudien de l’Éducation à dispenser une éducation internationale.
L’expérience nous a montré que l’IB peut amener l'élève à respecter les différentes cultures du monde et les différences de perspectives, tout en l’aidant à réaliser pleinement son potentiel éducatif et personnel dans un monde en constante évolution.
Notre établissement a vécu des changements très importants depuis que nous avons adopté l’IB il y a cinq ans. La communauté scolaire dans son ensemble, y compris les parents, les élèves et les enseignants, a pris conscience que l'éducation joue un rôle essentiel pour favoriser la compréhension interculturelle. Grâce à l’IB, nos élèves ont la possibilité de découvrir d’autres cultures sans pour autant cesser d’apprécier et de valoriser la leur.
Nous avons aussi découvert que puisque l’apprentissage est un processus continu, nous jouons, nous les professionnels, un rôle crucial pour améliorer l’éducation en Arabie saoudite. Il est important d’en être conscient et de se former en continu, en interne et en externe, pour que tous les enseignants soient au fait des dernières tendances éducatives afin de garantir ensuite l’adoption des meilleures pratiques en classe. Des outils technologiques tels que les tableaux intelligents, les livres électroniques et les réseaux partagés peuvent contribuer à cette progression.
Grâce aux activités du programme CAS comme notre projet Allimuni (« apprends-moi »), les élèves peuvent aussi contribuer à faire bénéficier des enfants défavorisés des environs de divers éléments d’une éducation de l’IB, à travers l’apport de livres et du tutorat.
Adopter l’IB a changé la manière dont nos élèves apprennent et dont nos enseignants enseignent. Nous nous réjouissons maintenant de pouvoir former des jeunes qui seront préparés à relever les défis de demain.
La technologie au service de l’éducation
Claudine Curry
Enseignante d’ESOL (anglais pour non-anglophones) en maternelle, Bolton Academy, Géorgie, États-Unis
Élargir l’accès à l'éducation est très important pour nous, en particulier parce que bon nombre de mes élèves sont issus de milieux défavorisés et qu’ils ont par conséquent peu d’occasions de voyager et de découvrir le monde. Je ne saurais trop insister sur l’impact que la technologie – qui nous permet de franchir les frontières dans un cadre éducatif – a eu sur l’apprentissage de mes élèves et sur mon enseignement. Fin 2008, mes élèves de maternelle en anglais pour non-anglophones et moi-même avons débuté notre voyage… Tout d’abord, nous avons pris contact avec les élèves d’une classe de Dubaï et avons commencé notre découverte de la culture de leur pays. Ce premier projet de classe international a suscité un vif intérêt et nous amenés à devenir membres de la communauté d’apprentissage en ligne ePals.
Même si leurs parents sont originaires du Guatemala ou du Mexique, bon nombre de mes élèves ne sont jamais sortis d’Atlanta, en Géorgie. Je trouve très important de leur ouvrir les yeux sur ce qui existe au-delà de leur quartier. Grâce à Google Earth, nous nous envolons vers des endroits lointains et entrons en contact avec des élèves de l’autre côté de la planète. Nous nous servons de la vidéoconférence sur grand écran pour donner corps en classe à ces relations virtuelles.
Dès septembre 2009, les élèves de la Bolton Academy ont commencé à collaborer avec des élèves du monde entier. Des élèves du primaire ont formé des partenariats avec des classes au Kenya, en Syrie, Turquie, Inde, Australie, au Chili et en Angleterre. Des élèves plus âgés ont commencé un échange de courriers électroniques avec des élèves en France et dans le sud du Pays de Galles. Après le succès de cette initiative, j’ai pu l’étendre à l’ensemble de notre établissement.
Par la suite, nos amis turcs Irem Ebru Gursoy et Oktay Kuru nous ont rendu visite en tant qu’enseignants invités, et ils ont fait en sorte que moi-même et Ingrid Arriagada soyons également enseignantes invitées dans plusieurs écoles de Turquie. Visiter la Turquie et échanger avec des professionnels de l’éducation et des élèves issus d’une autre culture a eu un effet encore plus important que le succès de nos projets en ligne.
Même si beaucoup de mes élèves n’iront peut-être jamais physiquement dans des pays lointains, ils peuvent aller virtuellement à l’étranger. Grâce à la technologie, nous partageons notre humanité et nos enfants apprennent dans un contexte international et grandissent tous ensemble…
Apprendre grâce au Modèle des Nations Unies
Kiran Asad Javed
Enseignant en économie du Programme du diplôme de l’IB, The International School (TIS), Karachi, Pakistan
« C’est la première fois que je dois faire un discours, je ne vais pas y arriver, mes jambes ne me soutiennent plus… » : c’est ce que m’a dit un élève qui se préparait à intervenir lors de MUN@TIS 2011, la conférence du Modèle des Nations Unies organisée par notre établissement, la TIS, au Pakistan. J’étais moi-même nerveux et, pour essayer de le rassurer, j’ai fixé ses yeux apeurés et je lui ai dit : « Tu sais quoi ? Je me sens exactement pareil ».
Les discours étaient tous excellents et l'élève est revenu me voir ensuite, plein de confiance en lui et d’enthousiasme. « Je crois qu’on a réussi ! », m’a-t-il dit. Dans son regard éclatant, la crainte avait disparu. Je n’oublierai jamais cette métamorphose. Et il ne s’agit que d’un exemple : MUN@TIS sert de véritable plate-forme aux élèves, et les conférences de ce type sont un formidable moyen de développer l’ouverture internationale dans diverses écoles de la région.
La conférence MUN@TIS est intégralement gérée par nos élèves. Chaque détail, des inscriptions aux finances, du marketing et des sites Web à la logistique lors du jour J, est pris en charge par les élèves de la TIS. Les élèves des 32 établissements scolaires participants ont ainsi l’occasion d’exprimer leur opinion sur les grands enjeux mondiaux et de travailler leurs compétences d’orateurs. La conférence les amène à questionner ce qui les entoure et créée un environnement de respect et de compréhension mutuels.
Cette année, je supervisais silencieusement les débats en tant que conseiller académique. La TIS Karachi est la seule école du monde de l’IB présente au Pakistan et elle s’est donnée pour mission de diffuser les objectifs et la philosophie des programmes de l’IB auprès de tous les élèves participants. La conférence a eu un effet d’entraînement puisque d’autres écoles au Pakistan ont commencé à accueillir des conférences similaires dont bénéficient des élèves de tous les milieux.
Comme le dit Shahzeb Hussein, élève de la TIS : « Ici, il n’y a pas de barrières liées aux classes sociales ou au statut – on se distingue uniquement grâce à ce que l’on sait. »
L’IB, la voie du futur ?
Saba Nizami
Facilitatrice pour le Programme du diplôme, HVB Global Academy, Mumbai (Bombay), Inde
L’IB offre dans le monde entier un modèle influent d’éducation progressiste et démocratique. La popularité croissante des programmes de l’IB et l’élargissement de l’accès à ceux-ci se traduisent par l’ouverture chaque année d’écoles du monde de l’IB toujours plus nombreuses. Le Programme primaire et le PPCS offrent une alternative à l’éducation conventionnelle dans le cadre de laquelle les enfants sont considérés comme de simples récipiendaires des savoirs impartis. Avec l’IB, l’apprentissage devient participatif et les élèves des apprenants actifs.
En Inde, l’IB a révolutionné l’éducation et la manière dont nous concevons celle-ci. Mais les écoles du monde de l’IB en Inde sont confrontées à d’importants défis. Même si l’éducation de l’IB est en train de devenir plus accessible, elle reste très souvent chère par rapport à d’autres options. Et même si des subventions existent, le nombre et le type de bourses doivent être augmentés. Par ailleurs, la souplesse dans le choix de matières permise par le Programme du diplôme de l’IB peut en fait poser problème, en particulier pour les élèves qui souhaitent poursuivre des études supérieures en Inde. Ceux-ci doivent se montrer prévoyants au moment de choisir les matières qu’ils étudieront. Les notes finales prévues peuvent aussi être un problème. Alors qu’elles devraient se rapprocher des notes réelles, on constate de nombreux écarts. Même si les notes finales prévues sont reconnues par les universités indiennes, certains élèves ont eu des problèmes pour garantir leur admission sur cette base. De nombreux établissements scolaires offrent de l’aide aux élèves qui souhaitent faire des études supérieures à l’étranger. Il pourrait être utile de faire de même pour l’entrée dans une université en Inde.
Le chevauchement entre les examens de mai-juin de l’IB et les examens d’entrée à l’université en Inde est un autre problème. Les établissements doivent établir avec soin leur calendrier pour le Programme du diplôme afin que les élèves disposent de temps suffisant pour se préparer aux examens d’entrée qui les concernent. De plus, les élèves qui retournent dans le système éducatif indien rencontrent souvent des problèmes d’adaptation.
Malgré ces défis, l’IB jouit d’une bonne perception grâce à sa philosophie et à sa pertinence à l’heure de la mondialisation. On assiste à une sorte de réveil dans le monde de l’éducation, et toutes les écoles parlent maintenant de leur approche centrée sur l’apprenant et du caractère international de leur programme d’études. On pourrait dire que l’IB répond aux besoins du moment.
L’IB a aussi renforcé la participation des parents dans l’éducation, ce qui entraîné d’autres changements positifs. Les parents sont maintenant plus conscients des besoins éducatifs de leurs enfants et s’en sentent davantage responsables. Tant que l’IB continuera à travailler en étroite coopération avec les établissements scolaires et les parents, et tant qu’il cherchera à aplanir les difficultés qui se présentent, les perspectives resteront prometteuses pour tous.
