Une éducation pour tous
Des collègues de l'IB nous révèlent les méthodes d'enseignement créatives qui vont permettre à un plus grand nombre d'élèves d'apprendre mieux.
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Andrew Bollington et Paul Fairbrother de l’IB expliquent à Ann Oliver comment le Programme du diplôme en ligne offrira plus de possibilités aux élèves et aux enseignants du monde entier.
En 1967, Marshall McLuhan déclarait que « la nouvelle indépendance électronique recrée le monde à l’image d’un village mondial ». En avril 2006, l’Organisation du Baccalauréat International annonçait que, si elle réussissait à réunir les fonds nécessaires, elle recréerait son monde à cette image. Lorsque le magazine IB World a rencontré Andrew Bollington, directeur de la planification stratégique à l'IB, et Paul Fairbrother, responsable des technologies d’apprentissage à l’IB chargé de la gestion de ce projet, tous deux débordaient d’optimisme et d’enthousiasme pour cette nouvelle initiative qui constitue une véritable innovation.
« Le Programme du diplôme en ligne correspond exactement au plan stratégique de l’organisation puisque ce dernier prévoit le développement de services en ligne pour nos programmes », explique Andrew Bollington. « Une équipe a déjà été formée au sein du directorat académique pour gérer ce projet, qui jouera un rôle important dans l’élargissement de l’accès aux programmes de l’IB en plus de profiter aux écoles du monde de l'IB. »
Sous la direction de Paul Fairbrother, cette équipe a passé six mois à réaliser une étude et a maintenant deux grandes priorités. « La première est le financement et la deuxième est l’établissement de l’infrastructure qui nous permettra de mener à bien ce projet durant les six prochaines années », précise Andrew Bollington. « Nous aurons besoin de 2 millions de dollars américains par an pendant six ans. L’IB ne disposant pas des fonds nécessaires pour financer ce projet, nous nous tournons vers les donateurs et les sociétés externes pour les rassembler. »
Comment l’IB va-t-elle donc maintenir l’excellence et la rigueur de son Programme du diplôme, ainsi que les caractéristiques essentielles qui distinguent ses programmes, tout en proposant efficacement son contenu en ligne ?
« C’est ce que ce projet pilote de six ans va déterminer », explique Paul Fairbrother. « Si nous voulions proposer un cours de l'IB en ligne, nous pourrions certainement le faire avant la fin de l’année prochaine, mais l’objectif est de s’assurer que le Programme du diplôme en ligne constitue un véritable programme d’études, imprégné du profil de l’apprenant de l'IB. Si nous réussissons à rassembler les fonds nécessaires, il y aura une période de préparation de deux ans. Les premiers élèves commenceront leur apprentissage en septembre 2008 et le projet pilote d’enseignement durera quatre ans. Étant donné que le Programme du diplôme est enseigné sur deux ans, cela permettra à un nombre suffisant d’élèves de suivre le programme pilote pour s’assurer de son fonctionnement. Nous voulons être sûrs que ces élèves (qui passeront les mêmes examens de l'IB) auront des résultats et une scolarité comparables à ceux des élèves suivant le Programme du diplôme traditionnel. »
Un projet pilote préparatoire utilisant les mêmes technologies a déjà été mis en place à une petite échelle : onze élèves vivant aux États-Unis, en Équateur et au Brésil ont suivi pendant deux ans un cours d’économie NM enseigné en ligne par Shawn Horst. Ce dernier, qui a conçu ce cours, enseigne à la Associação Escola Graduada de São Paulo, au Brésil.
Un élève américain ayant participé à ce projet raconte : « Suivre les cours avec des élèves venant de pays différents m’a permis de considérer les événements internationaux du point de vue des autres pays. Ayant grandi aux États-Unis, je perçois parfois ces événements très différemment des personnes vivant ailleurs. Connaître d’autres opinions m’a apporté une bouffée d’oxygène. »
Le projet présente trois avantages du point de vue de la mission de l'IB. « Le premier est un avantage tangible pour les écoles du monde de l'IB puisque ce projet leur permettra de proposer plus de matières », indique Andrew Bollington. « Par exemple, il existe des matières pour lesquelles les écoles ont du mal à recruter des enseignants : certaines matières scientifiques, les mathématiques et l’informatique. Quant à l’enseignement des langues dans le Programme du diplôme, il est souvent difficile pour les établissements scolaires de proposer dans la pratique l’éventail de langues qu’ils souhaiteraient enseigner. L’apprentissage en ligne peut nous aider à résoudre ce problème. »
Paul Fairbrother ajoute : « Le problème des effectifs est également important. Si une demi-douzaine d’élèves seulement souhaitent suivre un cours, il n’est pas forcément possible de recruter un enseignant. Mais si le cours est proposé en ligne, il peut être enseigné à ces élèves. Cela signifie que grâce à l’apprentissage en ligne les établissements scolaires peuvent enrichir leurs programmes d’études. »
Il poursuit : « Le second avantage est que ce projet permet à l’IB de proposer son programme à des élèves qui ne sont normalement pas en mesure d’assister à un cours de l'IB. En effet, suivre le Programme du diplôme implique de fréquenter l’un des 1 800 établissements scolaires qui proposent ce programme de par le monde. Si ce chiffre peut paraître énorme, il est en réalité infime. »
« Le troisième avantage concerne également les écoles du monde de l'IB, qui peuvent ainsi créer des classes bien plus internationales et interculturelles », indique Andrew Bollington.
L’IB insiste sur le fait que les écoles du monde de l'IB restent au centre de ces communautés en ligne. Le Programme du diplôme en ligne ne rivalisera pas avec l’enseignement présentiel mais viendra plutôt le compléter. L’IB envisage que les écoles du monde de l'IB deviennent elles-mêmes des fournisseurs de contenu et veut les aider à améliorer l’accès aux programmes.
« C’est l’un des aspects les plus stimulants de ce projet », déclare Andrew Bollington. « Les groupes d’élèves suivant le Programme du diplôme en ligne seront constitués d’élèves provenant de nombreuses régions du monde. Une diversité à laquelle seul un certain nombre d’écoles internationales peuvent prétendre. »
Paul Fairbrother, ancien responsable de matières et de domaine d’études, travaille à faire réussir le mariage entre l’aspect scolaire et la technologie. Mais comme Andrew Bollington et lui le soulignent, l’IB ne va pas s’impliquer totalement dans la fourniture de services technologiques.
Paul Fairbrother précise : « Nous sommes actuellement en discussion avec de nombreuses agences et organisations. Nous souhaitons créer un cadre et un modèle qui permettront aux fournisseurs expérimentés de travailler avec nous. »
Ceci dit, Paul Fairbrother est enthousiasmé par certaines évolutions récentes dans la technologie en ligne. « La mise en place de l’édition à caractère social, avec des outils comme les WIKI (What I Know Is), les blogues et les produits tels que Delicious (http://del.icio.us) pour la mise en signet, enrichit l’environnement en ligne et facilite réellement la collaboration », constate-t-il. « La technologie utilisée pour le blogage peut contribuer aux discussions et débats en classe qui sont si vitaux pour la réflexion critique préconisée dans l’enseignement de l'IB. »
Il conclut en ajoutant que les améliorations générales qui ont été faites dans le domaine de la voix sur IP, avec des logiciels tels que Skype (http://www.skype.com/intl/fr/), ont abouti au type de technologie qui rend l’apprentissage linguistique en ligne bien plus viable qu’il ne l’était il y a trois ou quatre ans.
Les méthodes d’enseignement ont également changé, comme l’indique Paul Fairbrother : « L’ancienne hiérarchie des cours en ligne était basée sur une pédagogie dans laquelle l’enseignant plaçait simplement les cours en ligne et les élèves devaient les étudier. Aujourd’hui, nous enseignons à la génération du numérique et nous avons besoin d’une pédagogie adaptée. L’accent est mis davantage sur la collaboration et l’interaction, et nous nous dirigeons maintenant vers une ère où d’importants systèmes de gestion de l’apprentissage et les technologies dont nous parlons réduiront cet écart. »
Pour en savoir plus :
À vous la parole
Les écoles du monde de l'IB qui souhaitent prendre part à ce projet pilote peuvent exprimer leur intérêt par courriel (dp.online@ibo.org). Toutes les écoles intéressées seront inscrites sur une liste de diffusion et contactées dès l’ouverture de l’appel à candidature.
Si vous avez des modèles de cours intéressants à faire partager, veuillez vous mettre en rapport avec notre rédactrice en chef par courriel (editor@ibo.org), téléphone (+44 20 8267 5114) ou courrier postal (IB World, Teddington Studios, Broom Road, Teddington, Middlesex, TW11 9BE, Royaume-Uni).
