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Le meilleur ami de l’enseignant

La tête pensante qui se cache derrière le portfolio de l’IB toujours plus riche en outils de soutien pédagogique et de perfectionnement professionnel en ligne, Andy Beharrell, explique à Laura Bridgestock pourquoi les éducateurs n’ont rien à craindre du Net.

Andy Beharrell

Lorsqu’Andy Beharrell dit qu’il s’agit d’une époque palpitante pour les éducateurs, il le pense réellement. Autoproclamé « évangéliste du Net », son enthousiasme pour la technologie est contagieux, surtout parce qu’il ne porte pas sur la technologie en tant que telle, mais sur les possibilités qu’elle offre.

 « Peu importe à quel point un logiciel est merveilleux, il est simplement aussi bon que le contenu que vous produisez », déclare Andy. C’est pourquoi il a créé la société Triple A Learning en 2002, pour apporter un soutien en ligne aux organisations prêtes à se lancer dans l’utilisation de solutions de perfectionnement professionnel en ligne. Il consacre la plus grande partie de son travail à l’IB, et l’enseignement est indéniablement un domaine qu’il maîtrise : il a travaillé dans des établissements scolaires et des universités pendant plus de 20 ans, et a été examinateur en chef pour l’IB pendant 5 ans.

Il y a 4 ans, Triple A Learning a expérimenté les premiers ateliers en ligne destinés aux enseignants de l’IB et l’année dernière, près de 1 700 enseignants ont suivi des cours en ligne. Ce chiffre sera encore plus impressionnant cette année. Triple A a également aidé l’IB à mettre en place une formation en ligne pour les examinateurs.

« Grâce à des actions de ce type, l’IB est toujours bien placé, déclare Andy. Dans un sens, il se doit de l’être, de par son statut d’organisation mondiale, mais je crois qu’il l’est de toute façon, notamment parce que le perfectionnement professionnel a toujours été profondément ancré dans son mode de fonctionnement. »

Les cours de perfectionnement professionnel sont désormais au cœur du travail de Triple A, même si la société continue à élaborer les manuels interactifs en ligne avec lesquels elle a débuté, y compris pour les cours d’économie, de commerce et gestion, et de théorie de la connaissance de l’IB. Outre l’avantage évident de permettre à des enseignants de l’IB de pays différents de collaborer sans avoir à traverser le monde en avion, Andy est convaincu que les cours en ligne peuvent apporter un soutien encore plus fort que les ateliers traditionnels.

 « Au lieu d’être submergé par des informations dans un intervalle de temps très court, vous pouvez développer des idées et construire des liens dans le temps, justifie-t-il. Les enseignants en retirent des réseaux de soutien qui durent bien plus longtemps. »

Les cours durent entre trois et huit semaines, sont généralement suivis par vingt enseignants au maximum et sont dirigés par un mentor nommé par l’IB. « Le mentor n’est pas là pour communiquer les informations, précise Andy. Son rôle est d’apporter un soutien, de soulever des questions, de fournir des réponses, d’engager des discussions lorsqu’un regain d’activité est nécessaire. Le changement par rapport au schéma didactique classique est assez radical : tout tourne autour de la collaboration. »

Une autre raison peut inciter les enseignants à opter pour cette méthode d’apprentissage entre pairs, le fait qu’il s’agisse d’un style de vie pour la majorité des élèves : « Les élèves d’aujourd’hui ont grandi en utilisant les technologies d’Internet. Ils sont donc davantage motivés pour collaborer, ce qui ne peut être que positif. » Ce qui vient naturellement aux élèves peut sembler insurmontable à de nombreux enseignants, d’où le risque de voir une fracture numérique se créer au sein de la classe. Mais, argumente Andy, les enseignants n’ont plus d’excuse pour ne pas suivre le mouvement : « Je pense qu’avant les gens avaient peur des technologies parce qu’il fallait les comprendre pour les utiliser. Aujourd’hui, il suffit de comprendre l’usage que l’on veut en faire. La technologie en soi ne compte presque plus. »

De nombreux éducateurs commencent à intégrer cette idée, mais Andy estime que nous n’en sommes qu’aux prémices des prouesses technologiques. « On parle du Web 2.0, mais l’Éducation 2.0 ne fait que commencer. Si vous prenez des réseaux comme MySpace ou Facebook, vous voyez qu’ils ont pris une ampleur considérable au niveau personnel, mais nous n’avons même pas commencé à nous rendre compte de leurs applications au niveau éducatif. »

Les universités ont généralement quelques années d’avance : « Elles ont les moyens financiers de faire appel à des technologues spécialisés et elles disposent du nombre d’élèves adapté pour pousser l’expérience un peu plus loin. Je dois une grande partie de ce que je sais à ce que j’ai appris quand je travaillais à l’université de Bristol. Là-bas, près de 40 personnes travaillaient exclusivement au développement des technologies d’apprentissage. » C’est également à cette époque qu’Andy a commencé à rencontrer des personnes impliquées dans l’IB. Il a été sollicité pour donner des présentations sur les derniers développements technologiques aux responsables de matières et en 2001, il est devenu examinateur en chef de commerce et gestion.

Peu après, Triple A Learning voyait le jour. « J’étais navré de quitter l’université, surtout parce que la perspective de devenir entrepreneur était assez intimidante, mais je ne regrette rien. » Il y a quelques années, sa femme a rejoint la société, qu’ils dirigent depuis un bureau installé dans leur jardin dans l’Essex, à quelque 80 kilomètres de Londres, avec 5 autres personnes travaillant également de chez elles.

 « J’aime à penser que nous sommes une société modèle en termes de création de réseaux virtuels. Nous communiquons via Skype et d’autres technologies », explique Andy, qui croit en l’augmentation imminente du nombre de personnes tirant profit de la flexibilité offerte par les nouvelles technologies.

Les technologies mobiles seront l’un des principaux facteurs responsables des changements dans le mode de travail et d’apprentissage, poursuit Andy, notamment dans les pays en voie de développement, où le réseau mobile est généralement le principal.

« La fracture numérique s’est déjà considérablement résorbée ; dans de nombreuses parties du monde en voie de développement, l’infrastructure est en réalité désormais meilleure que dans certaines régions industrialisées. Elles sont en bonne voie pour passer au niveau supérieur. »

L’écart entre les équipements se resserre lui aussi, du fait de la réduction de la taille des ordinateurs portables et de la multiplicité croissante des applications des téléphones mobiles. « C’est exaltant pour les éducateurs, mais certaines décisions difficiles doivent également être prises, concernant le choix des appareils. »

Éducateurs et concepteurs de cours en ligne doivent relever le défi de rester attentifs aux développements technologiques, sans rechercher la technologie pour elle-même. « Le plus important est de ne pas être suffisant, estime Andy. Il est important de veiller à ce que tout ce qui est entrepris repose sur une base pédagogique solide. Mais en même temps, il faut vraiment suivre le rythme. Un outil tel que Twitter ou Second Life peut sembler, au premier abord, dénué d’utilité pédagogique, mais je connais des enseignants qui échangent des plans de cours sur Twitter, et de nombreuses universités utilisent Second Life. »

Se tenir informé des nouvelles technologies n’est pas vraiment un problème pour Andy : « Je gagne ma vie en jouant, c’est fantastique ! » Il y a de fortes chances pour que ce jeu influence considérablement la façon dont l’IB se structurera en ligne à l’avenir.


CV d’andy beharrell

1960 - Naissance à Londres, Royaume-Uni

1981 - Licence d’économie, University of Leicester

1981 – 1982 - Agent comptable stagiaire, Coopers & Lybrand

1982 – 1984 - Enseignant d’économie, Latymer Upper School, Londres

1984 – 1996 - Responsable en chef des cours d’économie et de commerce, Canford School, Dorset

1996 – 2000 - Responsable en chef des cours d’économie et de commerce, et directeur adjoint des études, Clifton College, Bristol ; chargé de cours complémentaire responsable du site Internet Biz/ed, Bristol University

2000 – 2002 - Directeur du site Internet Biz/ed, Bristol University

2001 – 2006 - Examinateur en chef de commerce et gestion pour l’IB

2002 - Lauréat du prix américain Merlot Award pour l’élaboration de ressources pédagogiques en ligne exemplaires

2000 – 2004 - Chargé de cours complémentaire, University of the West of England

2002 - Création de Triple A Learning